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72 CHRONIQUE DE DÉCEMBRE 1899 de Roanne. En prenant sa retraite, il créa une institution dont la réputation grandit rapidement. Il occupa aussi, pendant quelque temps, une chaire de philosophie à la Faculté catholique des Lettres. M. Gourju n'était pas seulement un penseur hautement spiritualiste, c'était aussi un homme de bien qui avait gardé jusqu'à la fin la jeunesse de l'esprit et du cœur. Le même jour nous apportait la nouvelle de la mort de M. Martha, conseiller honoraire à la Cour d'appel de Lyon, chevalier de la Légion d'honneur. Né à Strasbourg, en 1815, Eugène Martha avait fait presque toute sa carrière en Alsace, d'où il était venu à Lyon en 1872, comme con- seiller. Il avait été admis à la retraite il y a quelques années. * * * Si la mort de M. Gourju a vivement affecté le monde des Lettres, des événements très intéressants se sont produits pendant le mois parmi ses membres. Tout d'abord signalons la création, à Villefranche, de la Société des Sciences et des Arts du Beaujolais, fille de l'ancienne Académie royale, qui réunissait autrefois, à Villefranche, dans le même amour de la Patrie locale, tout cœur qu'une affinité artistique, littéraire et morale attirait et groupait. La Société des Sciences et des Arts du Beau- jolais veut renouer le lien de la tradition rompue et mon- trer que Villefranche et le Beaujolais ont apporté leur glo- rieuse part au grand travail d'où sortit la nationalité fran- çaise, avec ses qualités de dévouement, ses efforts dans les arts et les lettres, ses aspirations vers la liberté. Que ne sommes-nous, à Lyon, aussi ardents que les Caladois pour la reconstitution de notre histoire ! Nous