page suivante »
CAUSERIE D'UN BIBLIOPHILE 203' même, assez rare. On ne peut donc que féliciter les édi- teurs d'avoir tiré quelques-unes de ces pièces de l'oubli. Parmi les figures dans le texte, on remarque de nombreux écussons armoriés, entre autres tous ceux des archevêques de Lyon depuis le cardinal Fesch jusqu'au cardinal Coullié. Un très beau portrait de ce dernier archevêque orne le fron- tispice du livre; on aurait aimé y trouver également le portrait du cardinal Fesch, l'insigne bienfaiteur du diocèse de Lyon, beaucoup trop oublié aujourd'hui. La notice de M. Pourrat a été complétée par la lettre de Leidrat à Charlemagne sur la réorganisation du clergé de Lyon et la restauration des églises de cette ville. Cette lettre est publiée d'après la transcription de M. Félix Desvernay. A la suite, on lit une savante bibliographie de Leidrat, par M. l'abbé Martin. Pourquoi faut-il que cette élégante plaquette, intéres- . • sant recueil de sérieux documents, soit gâtée par l'adjonc- tion d'une composition funambulesque. Sous le titre : « Fig. LVII, L'Ecole de Leidrade au xx e siècle », une des figures hors texte représente la place Saint-Jean, telle que la souhaite, pour le siècle prochain, l'imagination désordon- née d'un disciple de Robida. A gauche, s'élève la Primatiale, dont les tours de la façade sont surmontées de petites tours Eiffel, qui veulent être des flèches ; en face, apparaît une énorme bâtisse, sorte de caravansérail américain : brasserie, musée, hôtel des postes, club, fabrique de jambons, ce que vous voudrez ! Là , tous les styles possibles se meuvent dans la plus réjouissante confraternité. Je ne vois là , bien entendu, qu'une fantaisie d'artiste, de jeune artiste. En somme, son Ecole de Leidrade n'est pas plus mal qu'autre chose. Il serait même à désirer que nous fussions favorisés de quelques édifices semblables dans les