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98 CHANSONS SATIRIQUES Mais, tandis que Pierre Gras, en 1848, faisait chanter par la foule ses Déshérités ; la Démocratie de Justine ; Liberté, Egalité, Fraternité ; le Retour de la Belle-Poule; les Voix en faveur de la Pologne, qu'on reprenait en chœur dans les clubs, aux « Petits-Pères » et ailleurs, Boitel, le célèbre imprimeur, fondateur de la Revue du Lyonnais, publiait, sans nom d'auteur, un recueil de chansons satiriques qui fit un bruit énorme. Ah ! elles étaient mordantes, ces chansons sur des airs de Pont-Neuf que le peuple fredonnait et qui n'épargnaient guère les grands ! Leur apparition causa un véritable scandale et ce petit in-12 de 84 pages fit plus de tapage dans les salons que toutes les proclamations de M. Réveil, le maire de Lyon. Bientôt la plaquette devint introuvable et M. Jean-Louis- Antoine Coste fut assez heureux pour en sauver un exem- plaire qu'il mit dans sa précieuse collection. Naturellement, ni Péricaud, ni Monfalcon n'osèrent introduire le petit opuscule satirique dans la bibliothèque de la ville. Le pamphlet moqueur n'eût pas été admis par messieurs les Censeurs. Il fallut que M. Aimé Vingtrinier l'y introduisît avec tout le fonds Coste, où il figure sous le n° 12606,pour que l'œuvre de Castellan fût sauvée de l'oubli. Mais si le catalogue Coste, heureusement dressé avec le plus grand soin par M. Aimé Vingtrinier, avait pris soin de citer le nom de l'auteur des chansons : « Histoire de Lyon sous la Restauration, à l'aide des chansons de cette époque (par Castellan), Lyon, Léon Boitel, 1848, in-12, 84 pp. », en revanche le petit livre était sans nom d'auteur et, sans la note opportune de notre excellent ami Vingtrinier,Castellan fût resté oublié pour tous. Qu'était-ce que ce pamphlétaire, surnommé le « Béranger