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426 L'INDUSTRIE DE LA SOIE
établie à Saint-Chamond au xie ou au xn e siècle, et plus
tard à Saint-Étienne. Elle l'était à Paris au XIIIe siècle. On
employait, au xn e et au xm e siècle, le mot tissu pour
désigner un tissu étroit de soie. C'était un ruban. On le
faisait à Paris de pure soie et à Rouen de soie et de fil de
lin.
La fabrication est concentrée depuis trois siècles dans
l'ancienne province de Forez (5) ; les métiers étaient,
au xviie et au xvme siècle, dans les villages du Haut-Forez
et d'une partie du Velay et du Vivarais. On n'a de ren-
seignements certains que depuis 1650; on comptait déjÃ
trente fabricants de rubans à Saint-Étienne en 1669.
L'organisation de la manufacture de cette ville a des
traits communs avec celle de la fabrique lyonnaise.
Les métiers disséminés sont les plus nombreux ; ils sont
la propriété des ouvriers. Dans une région où la métal-
lurgie, l'armurerie et la fabrication des outils sont l'in-
dustrie dominante, il est naturel que les ouvriers soient
habiles au travail mécanique. Aussi les métiers dont
l'organisme est généralement compliqué sont incessam-
ment perfectionnés et sont entretenus avec un soin
extrême. Leur transformation s'opère toujours rapide-
ment ; elle est très fréquente, car la rubanerie ne se ressent
que trop des effets des variations de la mode.
Les changements dans la fabrication et la pression de
plus en plus grande des rivalités étrangères ont déterminé
l'établissement d'usines et la réunion de nombreux métiers
mus par des moteurs. On a rencontré au cours de cette
organisation nouvelle des difficultés inattendues qu'on a
(5) Il existe encore un métier de haute lisse à rubans, construit Ã
Izieux, qui porte la date de 1515.