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240 L'INDUSTRIE DE LA SOIE ces instructions qui sont sorties de la plume d'Olivier de Serres); il avait fait suivre de près leurs petites entre- prises, ne ménageant ni les conseils ni les encourage- ments, si bien que, déjà en 1604, Barthélémy Laffémas écrivait : « L'establissement du plant des meuriers et art de faire la soye en France commence à florir et réussir, au contentement d'une infinité de gens de bien. » Ce ne fut pas sans peine. « Le menu peuple ignorant l'utilité que ce nouveau plan pouvoit luy apporter, disait Isaac de Laffémas en 1606, semblait se roidir contre un si grand bien et mespriser le juste poids de cette entre- prise. » Ce mouvement avait été lent, mais il ne s'arrêta plus. Au xvn e siècle et encore dans la première partie de notre siècle, c'est en France que la sériciculture était la plus avancée. Depuis lors, l'Italie nous a dépassés, et s'enrichit, suivant l'expression de Marino Cavalli, des profits que nous devrions faire. Combien il a fallu d'enseignements pour produire cette richesse, que de choses il reste à savoir qui pour- ront l'accroître ! On en est encore, tout en admettant l'unité d'origine du ver à soie, à croire à l'unité de l'espèce, et l'on a donné à tous les vers qu'on élève le même nom, celui de Bombyx du mûrier. L'insecte qui, par son fil précieux, est le fondement de notre industrie est en vérité, suivant un des premiers entomologistes de notre temps, à peine connu. Une longue domestication, des croisements infinis et souvent faits au hasard pendant plusieurs siècles, lui ont fait perdre tout ou partie des caractères primitifs. Il semble que ce soit une espèce artificielle. La science, après l'étude des vers sauvages du mûrier, a entrepris de faire la distinction entre les espèces domestiques, de retrouver les espèces primitives, avec