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EN TOSCANE ET EN OMBRIE 2IT tout le long de basses maisons à l'aspect carolingien avec leurs portes et fenêtres romanes, à l'intérieur dans des salles primitives et sombres, les femmes tissent la toile sur des métiers antiques ; à droite du rempart, le palais gothique de la cité ; à gauche, l'autre palais gothique des Papes, celui où ils se réfugièrent tant de fois ; à côté, le vieux petit évêché du xne siècle. Là s'élève le joyaux des joyaux de l'Italie, la cathédrale gothique d'Orvieto, plus pure, plus simple, plus religieuse que les splendeurs de celle de Siena. En 1880, le très regretté supérieur des Chartreux, l'illustre chanoine Hyvrier, se rendant à Rome, s'arrêta à Orvieto ; son âme d'artiste fut enthousiasmée : il m'écrivit ses impressions profondément justes, depuis il m'en parlait souvent; je ne puis que suivre un guide aussi éclairé dans son admiration pour cette cathédrale radieuse devant laquelle nos pauvres églises modernes, les plus célèbres comme les plus enrichies, ne sont, hélas, qu'oeuvres dé- chues ! La cathédrale d'Orvieto fut commencée en 1290 par ordre de Nicolas IV, en honneur du Corporal miraculeux de Bolsena. Lorenzo Maitani de Sienne dirigea si active- ment les travaux que l'évèque Gui Farnese y célébra la première messe en 1309. Cette vaste église, une des plus splendides consacrées à la Vierge, est le triomphal témoi- gnage de la foi vivifiante de ces époques troublées, vicieuses mais enflammant une petite ville ombrienne oubliée sur son rocher, entraînant tous ses habitants dans la même ardeur du beau, dans la même prière vers l'idéal, élevant enfin ce Dôme magnifique. La façade aux colonnettes striées d'or, ornée des quatre célèbres bas-reliefs de marbre d'une finesse extravagante,