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92                         IZERNORE

    Depuis, le Christianisme a eu raison de ce culte des faux
Dieux : les Barbares ont achevé la destruction du temple,
dernier témoignage de la domination romaine dans nos
contrées.
    Cependant l'heure de quitter ces belles ruines avait
sonné; le soleil baissait à l'horizon et je ne pouvais m'en
détacher.
   Il me semblait dans l'ombre du soir voir apparaître der-
rière une de ces grandes colonnes, la figure d'un de nos
ancêtres gaulois, à la chevelure rousse, aux longues mous-
taches tressées et pendantes, jetant avec ses yeux bleu-clair
un regard de satisfaction farouche sur les derniers vestiges
d'une nation ennemie, qui, grâce au génie seul d'un Jules
César, avait pu triompher de son courage indomptable et
d'une résistance désespérée.
   Je partis, mais non sans esprit de retour. Je suis revenu
depuis en effet à Izernore. J'ai de nouveau exploré ses
ruines, examiné encore les antiquités qui y ont été recueillies
et j'ai pensé qu'il ne serait peut-être point inutile de
 consigner les résultats de cette étude et de ces recherches.
   Beaucoup d'auteurs émérites ont déjà traité ce sujet,
cependant il m'a paru que certains points incomplètement
étudiés pouvaient être mis en relief.
   J'ajoute que grâce à la bienveillance de M. le Ministre de
l'Instruction publique j'ai eu la communication d'une
lettre (de 1706) conservée à la Bibliothèque Nationale,
contenant des détails intéressants sur Izernore. Cette lettre
est accompagnée d'un dessin entièrement inédit et repré-
sentant l'état de ces ruines il y a deux siècles environ. Je le
reproduis dans cet ouvrage.
   Enfin Izernore avait encore une certaine importance aux
premiers temps de notre monarchie. On y frappait de la