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i86                 LES PROTESTANTS A LYON

de tous leurs ressorts ; ils amenèrent la baisse du loyer de
l'argent. C'est que le capital, quelle que fût son origine,
qu'il provînt de l'épargne locale ou des importations étran-
gères, n'avait plus les mêmes emplois ni la même circula-
tion qu'autrefois. Il était plus offert. Il faut dire aussi que
le commerce avec la Suisse et l'Allemagne étant borné, la
base des opérations des Suisses et des Allemands était un
peu étroite et que ceux-ci avaient le caractère moins aven-
tureux que les Italiens. Leurs entreprises eurent dès lors
moins d'ampleur ; elles furent, par suite, mieux assises^
   Les marchands lyonnais s'étaient formés à l'école des
Italiens. D'Herbigny en a fait la remarque : « C'est aux Ita-
liens qu'on se reconnoît encore aujourd'huy redevables du
génie et de l'intelligence qu'on y a pour le commerce. » Et
pénétrant plus avant dans l'étude des conditions des manu-
factures et du commerce à Lyon, d'Herbigny dit : « L'esprit
du marchand règne (en cette ville) plein d'industrie, d'in-
vention et de souplesse aveq beaucoup d'attachement
à son intérest, beaucoup d'ordre et d'application aux
affaires (30). »
   Les opérations de banque, de change et de commerce
étaient très intelligemment conduites à Lyon. Les Florentins
et les Génois avaient introduit des pratiques certainement
peu communes. Grâce à eux, la plupart des payements
étaient « faits en escritures par virement de parties, c'est-à-
dire par compensation », et « il y a tel payement où il se
soude pour vingt millions d'affaires et où il ne se débourse



  (30) Mémoire sur le Gouvernement de Lion dressé par M. d'Herbigny,
intendant en Vannée i6c)8. (Bibliothèque nationale, mss., fonds français,
n° I432S-)