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106 LES PROTESTANTS A LYON religion réformée, fait vraiment singulier, et qui explique peut-être que ce maître, quoiqu'il paraisse n'avoir travaillé que pour le Roi et la cour de France, se soit retiré à Lyon et y ait passé les trente dernières années de sa vie. Corneille est rentré, d'ailleurs comme on l'a vu, dans le giron de l'église catholique. Pour qu'au milieu du xvie siècle, à l'époque où François Clouet était à l'apogée de son talent et de sa réputation, un autre peintre ait eu autant de célébrité, ait été appelé à faire les portraits de Catherine de Médicis et des princesses de la maison de France et ait conservé aussi longtemps la faveur du Roi, il fallait que le mérite de ce maître fût à la hauteur de sa fortune (10). On compte, au xvne siècle, seize peintres protestants, parmi lesquels deux Hollandais, trois Flamands et un Italien. Le plus ancien de ces peintres, Jacques Vandemère (...1592-1625), était de la famille des Vander Meer, des Flandres, dont une branche s'était établie à Lyon et y a eu six représentants, tous les six peintres au xvie siècle. Un (10) Nous avons donné une notice de Corneille de La Haye, le peintre du Roi, et un résumé de la filiation de ses descendants dans notre ouvrage sur les Peintres de Lyon, du XIV* au XVIII' siècle, 1888, p. 24 à 26, 99 à 103.Nous ignorons le véritable nom de ce peintre que Henri II, dans les lettres de naturalité de 1547, a désigné sous le nom de Corneille de La Haye, « natif de La Haye en Hollande », et les enfants de ce maître ont conservé ce nom. Dans les rôles des tailles et des pennonages, notre peintre est appelé « Corneille le painctre, Corneille le painctre flamman, Corneille le 'painctre du Roy », et la place du nom patronymique a été quelquefois laissée en blanc, comme si ce nom eût eu une forme trop étrangère ou eût été abandonné par son possesseur.