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POESIE Ils vont, entretenant l'espoir qui les séduit Vers le centre du monde un ange les conduit ; C'est de là qu'appelés à des destins prospères, Descendront les Kimris, ces aïeux de nos pères, Qui peupleront ce sol et, lui donnant des lois, Mêleront leur vieux sang à celui des Gaulois. Mais ces jours sont bien loin encor. D'un air superbe, Leurs chevaux, écumant sous le frein, foulant l'herbe, Ils lancent en passant desflècheset, honteux, Les lions du désert s'échappent devant eux. Les voilà déjà loin, et petits dans la plaine ; La poussière qu'ils font s'y reconnaît à peine; Leurs cris et la rumeur de leurs nombreux chevaux Aux lieux qu'ils ont quittés ne laissent plus d'échos, Et seul, l'aigle planant au-dessus des pylônes, Voit fuir sous l'horizon leurs dernières colonnes. Au milieu des débris de son rêve avorté Le dur Nemrod avec ses tribus est resté. Ayant de ses amis conduit les funérailles, Il voulut de sa ville achever les murailles ; Et quand il eut souci de lui trouver un nom, Dieu lui souffla : Babel... Babel, confusion ! La tour qu'il répara, témoin de ses désastres, Servit aux Chaldéens pour l'étude des astres, Noble et belle science et qui nous avertit, Que plus le Ciel est vaste et plus l'homme est petit. J . - E T . BEAUVERIE. rsm