Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
246            LES PEINTURES DÉCORATIVES

ascète, d'une maigreur et d'une longueur extrêmes, tenant
du Dante et de Don Quichotte, vient de peindre sur la mu-
raille des fresques de l'Ecole angélique sur fond d'or, et se
recule pour juger de l'effet. Au centre de la composition,
un grand lys, placé dans un vase de bronze, raconte la
pureté et le courage de ces hommes; toute chair est pros-
crite. Chasteté, charité, art d'amour doux et douloureux,
qui consume et qui répare, scission avec le monde barbare
qui avait succédé au monde antique, paix du cœur, retraite
pour les purs et les brisés, voilà ce que nous montre la
délicieuse et mélancolique page de l'Inspiration chrétienne.
Le fond de la toile seulement s'ouvre sur la vie du dehors;
c'est pour faire entrevoir le paysage caractéristique de
l'Italie. Les colonnes funèbres des cyprès en pyramide s'en-
lèvent en noir sur le ciel d'or verdissant du soir. Là encore
la poésie simple de l'artiste nous remue par le contraste ;
n'est-ce pas le mémento mort du chrétien que ce triste feuil-
lage plaquant sa tache opaque sur la lumière glorieuse et
impassible? C'est la note suggestive de Y Inspiration chré-
tienne, comme l'apparition de la cavalcade du Parthénon est
celle de la Vision antique.
    Enfin le cycle de ces peintures est fermé par une image
de Lyon. Le Rhône et la Saône vont s'unir au sein de
notre nature. D'un côté, le Rhône est au bout de sa course
à travers la ville ; on le voit sur l'arrière-plan décrire la
courbe superbe de son entrée dans Lyon; on aperçoit,
comme indication du lieu, deux des moulins vénérables,
bossues et moussus du quai d'Herbouville, que le beau
coteau surplombe, paré des couleurs de nos automnes.
Quant à la rivière, elle arrive au confluent en épandant
avec lenteur ses eaux à travers les saulées. Le Rhône, auquel
M. Puvis de Chavannes a enlevé l'appareil classique des