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372 NICE A VOL D OISEAU Saluez ici l'auguste figure du maréchal Masséna, cette grande gloire du xixe siècle, et qui eut Nice pour ber- ceau. Aussi les Niçois se montrent-ils fiers d'une si haute illustration et heureux d'acquitter envers lui leur dette de reconnaissance. Quel monarque jamais d'un si public hommage, Nulle part, reçut-il si flatteur témoignage ? Une rue, une place, un square merveilleux Portent en lettres d'or le nom si glorieux De ce soldat doublé d'honneur et de vaillance, Qui fit flotter si haut le drapeau de la France ! Un Cercle enfin, parmi mille noms pleins d'éclat, N'en trouva pas de plus digne que Masséna. Le maréchal Masséna m'amène naturellement à vous entretenir du Paglion, pauvre fleuve déshérité qui eut lui- même ses jours de splendeur et de gloire. Combien n'a-t- il pas dû tressaillir d'aise, en voyant, en 1839, son lit caillouteux tout-à -coup transformé en splendide salle de banquet, où les Niçois, prodigues de vivat et de bouquets, offraient à l'armée française, qui allait verser son sang pour l'Italie, de royales et fraternelles agapes. J'aime le Paglion, qui pourrait, dans son sein, Voir à l'aise couler le Danube ou le Rhin, Et ne montre aux passants qu'un méchant cours d'eau vive Suffisant à laver à peine une lessive. Mais qu'un orage éclate, il prend le mors aux dents, Comme un coursier piqué par une mouche aux flancs, Entraîne dans son cours mainte fangeuse épave, Et dans la mer vomit son écume et sa bave. Va, va, pauvre Paglion, si la nature ne t'a pas favorisé d'une nappe d'eau abondante et limpide, elle a couronné ton front d'un magnifique bouquet de verdure et de jeu- nesse éternelle, et réservé l'insigne honneur de servir de