page suivante »
BIBLIOGRAPHIE 20 9 faire, du premier, un èvêque de Mâcon, et, du second, un évêque de Digne. Toutes ces personnalités sont singulière- ment attachantes, et l'on s'éprend pour elles d'une véritable affection. Hélas ! par un triste retour des choses humaines, et comme pour témoigner de leur éternelle vanité, au milieu même de ce tableau enchanteur, on découvre déjà quel- ques ombres, tant il est vrai que rien n'est voisin du relâ- chement comme la prospérité. En effet, à la faveur même du retentissement que les Minimes provoquaient, peut-être inconsciemment, autour d'eux dans le monde, l'esprit du siècle s'était insensible- ment glissé parmi eux. Les liens de la discipline s'étaient relâchés peu à peu ; on délaissait volontiers les anciennes observances ; et, quand arriva le xvm e siècle, il y eut, dans le cloître, une sorte de contre-coup des désordres de la société au dehors. C'est à ce moment qu'on voit les reli- gieux demander, en plus grand nombre, à quitter leur pro- fession ; que les finances sont en désarroi dans le monas- tère, et que tout marche à la dérive. Une réforme vigou- reuse et intelligente aurait pu arracher l'Ordre à une ruine imminente. On le comprit, et on la tenta généreusement; mais on comptait sans la Révolution française : celle-ci ren- # dit inutiles tous les efforts. Le 27 mai 1790, la municipalité lyonnaise fit une pre- mière visite domiciliaire au couvent des Minimes. C'était inaugurer une série de vexations qui se poursuivirent bientôt sans relâche, et qui amenèrent, en 1791, la retraite définitive des religieux. Pendant les mauvais jours qui vinrent ensuite, îa Croix de Colle fut mise aux enchères et payée en assignats ; la vaste église servit de grange à foin, et l'habitation fut trans- formée en caserne.