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426                     LE THÉÂTRE A LYON

de Fleury (1), connu plus tard sous le nom de Bènard
Fleury, était resté à Chartres, sa ville natale, jusqu'à
ce que son père, attaché au roi Stanislas comme di-
recteur des spectacles, fût venu le chercher pour l'em-
mener avec lui. Le jeune garçon avait préludé à ses
succès futurs sous les yeux mêmes du roi et de la mar-
quise de Boufflers, et avait commencé son apprentissage
de comédien pour ainsi dire sur les genoux des grandes
dames.
   A peine adolescent, il voulut voler de ses propres ailes
et, léger de bagage et d'argent, il se rendit à Lyon où
il proposa ses services à la directrice du spectacle. Les
Mémoires publiés sous son nom, bien qu'apocryphes (2),
donnent assez bien la physionomie du théâtre lyonnais
à l'arrivée de Fleury, pour qu'on puisse les citer ici :
   « M*" Lobreau m'accueillit comme une directrice accueille
un comédien utile, et le public de Lyon m trop mal, ni
trop bien, en public qui attendait. Terrible parterre que
celui de la seconde ville du royaume ! La directrice de ses
plaisirs dramatiques avait fort à faire : parlons un peu
d'elle.... »
   « C'était en bien des points le parfait contraste de Me"e
Montansier. Juste, habile, exacte, femme de cœur, femme
sévère, un homme en jupons pour la conduite des affaires ;
c'était un véritable monarque, mais il n'y avait, point à s'en
plaindre ; elle tenait le sceptre d'une main ferme autant
qu'habile : sous son règne, le théâtre de Lyon pouvait riva-



  (1) Né le 26 octobre 1750, mort le 3 mars 1822.
  (2) Les Mémoires de Fleur y ont été composés avec esprit par J.
B. P . Lofitte ('1835-1837;, qui a mis à contribution les mémoires du
temps. 11 résulte de témoignages authentiques que Fleury n'a pas
laisé d'écrits.