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336                 COUVENT DES MINIMES

encore en maint passage, mais la décence n'est pas cho-
quée, ni les oreilles délicates offensées.-On relèvera bien
encore d'ici de là un certain nombre d'expressions étran-
ges ; les évangélistes seront appelés des secrétaires divins;
la justice, l'impératrice des vertus ; on dira de nos offen-
ses qu'elles sont savonnées au baptême ; des saints qu'ils
sont des luminaires de vertus, les mignons de Dieu ; le
sang précieux de Jésus- Christ sera tout ensemble comparé
au grand Océan où se fait la lessive générale et à la bou-
tique garnie de drogues qui purgent le monde, etc., etc.
Mais ces fautes sont incomparablement plus rares que
dans un grand nombre de sermonaires contemporains.
   Les textes anciens sont moins souvent cités ; jamais
on ne rencontre de citations grecques ou hébraïques Lui
même déplore cet usage : « j'ai laissé toutes allégations
« de sentences latines, grecques, hébraïques et les cita-
« tions des passages, jugeant, quoi que la coutume ait
 a introduit, que les harangues françaises doivent être
« nettes de tout ce qui est étranger, afin que la suite et
« le sens en paraissent mieux. » Voilà un progrès sérieux
dont il faut tenir compte .
   Nous devons enfin relever sa modération, chaque fois
que le protestantisme est en cause.Qu'il attaque les erreurs
ou réfute les calomnies des hérétiques,il ne laisse échapper
ni injures, ni invectives, ni allusions personnelles; il
plaint les égarés, cherche à les ramener, mais sans blesser
leur amour propre, ou tourner en ridicule leur aveugle-
ment.
   « Maudite liberté de conscience, s'écrie-t-il quelque
part, qui attire tant d'âmes à la solde du diable, fausse
« liberté, mais vaine captivité, puisque c'est là où le
« diable garrotte le chrétien qui, renonçant à sa vraye
« mère, se loue à longues années à ce tyran qui finale-
ce ment le perdra.