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CHRONIQUE LOCALE - 239 prix de plusieurs centaines de mille francs, étonne un peu le bon public. « On annonce la vente du Petit Lyonnais, qui passe des mains de M. Ballay, son fondateur, en celles d'une société de capitalistes parisiens parmi lesquels figure M. Menier, député, chocolatier et déjà propriétaire du Bien Public dit le Salut Public du 8 mars. Depuis deux jours, le Petit Lyonnais parait sans la mention du nom de M. Ballay. La vente aurait été conclue au prix de 1,500.000 fr., qui com- prend le matériel et la clientèle. Le tirage de ce journal est de 110 à 120,000 exemplaires par jour. Son bénéfice est de 1,600 fr. environ. Rien ne sera changé dans sa rédaction, dont les membres avaient avec M. Ballay un traité à long terme. Le Petit Lyonnais a conquis une place exceptionnelle dans la presse à bon marché. Sous le régime du 16 mai, il tirait encore 75 à 80,000 exemplaires, ce qui prouve, par paren- thèses, que les « persécutions » ne lui avaient guère été préjudiciables. » D'après d'autres journaux, le prix de la vente serait seu- lement de 1,350,000 francs. Cs serait encore un joli denier. — L'Académie universitaire de Lyon a perdu, le 25 février, son recteur honoraire, M. de la Saussaye, membre de l'ins r titut de France, auteur d'ouvrages importants qui feront vivre son nom. Pendant le long séjour qu'il avait fait dans notre ville, M. de la Saussaye avait su s'attirer de profondes sympathies par son caractère, sa bienveillance, sa générosité et son savoir. Nous espérons pouvoir donner prochainement une notice sur cet homme de bien. Collaborateur de la Revue du Lyonnais, il avait donné à ce recueil les prémices de son savant travail sur l'histoire littéraire de Lyon. Nous n'insisterons pas sur sa vie, puisque son biographe doit nous donner une étude complète, mais nous avons remarqué, dans le discours prononcé à Blois, sur sa tombe, par M. Reignier, secrétaire honoraire de l'A- cadémie de Lyon, ces paroles qui tombent si à propos sur notre ville aujourd'hui: « Très sévère pour lui-même, dit M. Reignier, M. de la • Saussaye, ne cherchait jamais à trouver des erreurs ou des imperfection chez les autres et, dans le doute, il était pres- que toujours disposé à croire que c'était lui qui s'était trompé. » — Et encore une perte douleureuse pour le clergé lyonnais si éprouvé. Le mercredi, 20 mars, ont eu lieu les funérailles de M. l'abbé Merley, chanoine d'honneur de la Primatiale,'curé de