Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
                 NOTICE SUR E.-L.-M. PATRIN.               317

 éditeur des œuvres de Buffon, auxquelles il avait suppléé
 plusieurs volumes. Il aimait beaucoup M. Desèze, qui
 s'adonnait à l'étude des roches. Lié avec l'abbé Haùy, dont
il eut plus tard à se plaindre, il fréquentait assidûment
Fourcroy et voyait volontiers Volney professeur aux
 écoles normales.
    Des débris de sa correspondance avec ces savants prou-
 vent que lorsqu'il voulait s'en donner la peine, il parait son
style d'un charme et d'un coloris assez rares chez un
homme d'érudition : « Notre ami, écrivait-il à l'un deux,
 vient de m'apprendre que les grès de Fontainebleau sont
l'objet habituel de vos spéculations, et que pour les pein-
dre en poète, vous commencez par les examiner en natu-
raliste. C'est certainement la marche la plus sûre pour
rendre vos vers aussi durables que leur sujet. Des obser-
vations exactes, ornées par vos mains des grâces de la
poésie, ne peuvent manquer de parvenir à nos arrière-
neveux        Si vous trouvez, Monsieur, que mes conjectu-
res puissent s'accorder avec les faits de votre pratique, je
serais heureux de me rencontrer avec vous sur le sentier
de l'analyse. Si vous pensez au contraire que mes opinions
sont erronées, je me hâterai de les rectifier. Votre juge-
ment est si droit, qu'on ne .peut s'égarer en le prenant pour
guide.
    « Veuillez offrir mes hommages aux dames les plus
aimables que je connaisse et qui sont les vôtres. »
    On retrouve ce môme ton et ce même esprit dans un
Mémoire qu'il lut à l'Académie peu de temps après, sur
l'utilité des voyages aux points de vue de l'intelligence et
de la morale et du profit économique qu'en peut retirer la
patrie. On voit que ce mot revient souvent sur ses lèvres,
et que, ne faisant point ostentation de patriotisme, il en
conservait le culte. En effet, dès 1779 il avait adressé Ã