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Luci dunum, colline du bois sacré, à l'ombre duquel se
célébraient les mystères des druides et s'élevaient leurs
autels ? de Lucis dunum, montagne de la lumière, mont
brillant, luminaux, parce quelalocalité est exposée aux pre-
miers rayons de l'astre du jour, ou parce qu'il y existait un
phare destiné à guider les nautonniers sur les deux fleu-
ves dont les ondes se mariaient au pied même de la col-
line? Provient-il de Logos dunum ou, de Ludi dunum,
- allusion aux discours que les poètes prononçaient en
certaines circonstances devant la montagne, ou aux jeux
publics que l'on y célébrait ? de Lugens dunum ou de Luc-
tûs dunum, en souvenir de l'affliction qu'éprouvèrent les
habitants à la suite d'un incendie qui dévora leur cité,
laquelle pourtant avait bien un nom avant cet événement?
de Lugda, surnom d'une légion de César, qui avait long-
temps campé dans les environs? ou de Lùcius, prénom de
Munatius Plancus, fondateur ou restaurateur de la ville
en question?
Nous ne rapporterons pas les autres multiples interpréta-
tions au nom de Lugdunum ; elles se trouvent consignées
dans les diverses monographies de cette importante cité,
et ne sauraient être développées dans notre modeste tra-
vail. Rappelons néanmoins qu'elle a été nommée Rhodum-
nia et-Aran», par d'anciens écrivains chrétiens, quijouaient
sur le nom de ses deux fleuves, Rhodanus et Arar.
La source de tant d'erreurs, d'interprétations si diver-
ses, existe dans une ressemblance phonétique et une sy-
nonymie de termes exprimant des choses bien différentes
entre elles. Rien d'étonnant alors que se soient trompés la
plupart des historiens de Lyon, alors surtout que les idio-
mes celtiques étaient loin d'avoir été, comme aujourd'hui,
l'objet des études de savants français et étrangers.
M. Monfalcon signale trois Lugdunum dans les Gaules.