page suivante »
HÔPITAL DE LA QUARANTAINE. 331
merpnt entr'eux une personne de la dicte 7ille pour servir
de voyeur, et se donner garde de la contagion ; , . . et, sur
le champ, les sieurs éschevins ont nommé, pour voyeur,
maistre Veran Gilliquin. »
Le voyeur, qui ailleurs portait le titre de capitaine de
santé, remplissait un emploi important et périlleux.Voici,
d'après Manget, quelles étaient ses attributions : '
En premier lieu, les magistrats et les conseils doivent
faire élection d'un capitaine de santé qui soit homme cou-
rageux, vigilant et non corruptible, parce que de la fidélité
. de sa conduite dépend la santé publique ; c'est l'exécuteur
des résolutions du conseil de santé ; c'est lui qui rapporte
l'état du dedans de la ville et du dehors ; c'est lui que l'on
commet aux visites des morts, avec les médecins et chirur-
giens, et à veiller sur les quarantaines des hommes et des
marchandises. Il faut qu'il guide les eorbeaux lorsqu^ls
portent les malades et les morts, et qu'il rapporte au
conseil l'état des infects, des malades et de ceux qui meu-
rent, tant de la ville que des hôpitaux, et ce, sur les avis
que les médecins , les chirurgiens , les apothicaires , les
hospitaliers et les gardes lui en donnent. Outre ce, il faut
qu'il aille souvent à la campagne pour la vérification des
malades et des morts qui sont aux lieux voisins et pour
les transports des meubles et marchandises. Tant y a, que
cette charge est fort pénible et dangereuse, et c'est l'un
des principaux et des plus nécessaires officiers de la santé.
C'est pourquoi il lui faut donner de bons gages et lui taxer
ses vacations lorsqu'on l'enverra en visite.
A dater de ce moment, l'épidémie paraît s'éteindre, et il
n'en sera plus question pendant près de dix ans» On voit
la rigueur des mesures défensives aller toujours croissant,
durant cette douloureuse période de six années qui corres-
pond à l'époque la plus troublée des guerres civiles. La
malheureuse ville lutte, en désespérée contre le fléau qui
la dévore. La mortalité dut être grande, et, quand elle fut