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424                 ÉTUDE SUR LA DÉDICACE

servir pour dégrossir les blocs, surtout ceux de pierre ten-
dre ; ce serait encore dans ce sens qu'ils y auraient atta-
ché la signification d'un travail primitif.
   Les haches de ce genre, pourvues d'un long manche,
forment la hache d'armes. Les Romains en avaient de
doubles nommées bipennis. Le musée de Lyon en possède
la représentation sur un magnifique sarcophage en marbre
de Paros, sans aucune inscription.
                               Bipennis




                      5=
                       Tombeau antique du Musée
                               de Lyon.

   Après avoir suffisamment établi, à l'aide des auteurs
anciens, ce qu'ils entendaient par ascia, examinons la re-
présentation qui est taillée ou gravée sur nos tombeaux
gallo-romains.
   Évidemment, ce n'est pas Vascia de Vitruve, ni celle de
Palladius, c'est donc Vascia de la loi des douze tables, ou
celle citée par saint Jérôme, ces deux dernières ayant
toutes deux la même forme. Maïs, comme il ne s'agit
ici que de monuments de pierre , il est certain que c'est
bien exactement le laÇsvnptov des Grecs, celui qui est
appelé par les Latins ascia, comme le dit saint Jérôme
lui-même : c'est-à-dire Vascia lapidaria. Nous en avons
la preuve d'abord par le cippe trouvé à Bordeaux en 4826,
et figurant un vieillard tenant de la main droite une ascia
exactement conforme à celle représentée sur nos tom-
beaux, et de la main gauche une règle graduée. Ce cippe
représente la figure d'un tailleur de pierre (1). Sur les

  (1) Le même monument est cité par 51. A. de Caumont, dans son
Rudiment d'archéologie, page 369.