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h\ VALBONE. 277 « L'armée gauloise comptait trois cent mille guer- riers. César, deux fois battu en Auvergne, bat en retraite, et se dirige du côté de la Séquanie (Bugey) par Mâcon ; il voulait gagner le Rhône et atteindre la province romaine de l'Allobrogie (Dauphiné), en traversant le département de l'Ain, dont les trois quarts de la population lui étaient restés fidèles. Vercingétorix atteignit César dans un lieu qui n'est pas désigné par les historiens. Là s'en- gagea une bataille sanglante ; elle dura deux heures. Animés par leur jeune et intrépide général, les cavaliers gaulois avaient fait serment de traverser deux fois les rangs ennemis. Quiconque y manquerait ne devait plus être reçu sous un toit ni par ses enfants ni par ses pa- rents. La victoire penchait du côté des Gaulois, lors- qu'un mouvement rapide, exécuté par la cavalerie des Romains, fit changer la face des affaires. La panique se mit parmi les Gaulois : l'audace, l'intrépidité de Vercin- gétorix ne purent rien contre l'épouvante générale. « Dans cette mémorable bataille, César se vit obligé de se défendre corps à corps contre plusieurs chefs gaulois qui s'élançaient sur lui; il perdit son épée, qui lui fut arrachée des mains, et que les Avernes suspendirent dans leur temple. Servius (1), commentateur de Virgile, dit que César racontait, dans son journal, qu'il avait été pris dans la mêlée, qu'un soldat ennemi l'emportait sur son cheval, lorsqu'un officier gaulois l'ayant aperçu, s'é- cria : Captivus es, César ! et que l'ambiguité de ce mot qui, en langue celtique, signifie : Relâche-le, fut son salut. « Vercingétorix, après sa défaite, était encore à la tête de quatre-vingt mille guerriers ; il se réfugia sous (1) Servius Maurus Honoratus, grammairien du v° siècle.