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184              LES CHASSEURS DE KEN .NES

et pacifiques relations avec leurs voisins. Il faut ajouter
que ces voisins étaient p'eu nombreux; que quinze ou
vingt jours de marche séparaient Solutré des villages les
plus proches en tous sens; et que, jusqu'à cette époque,
le gibier était assez, abondant partout pour que les terri-
toires de chasse de chaque peuplade fassent respectés
sans contestation. Il y avait encore plus de lerre libre
qu'il n'en fallait pour nourrir les hommes diverses.
Mais les temps allaient changer !
   J'informai I - k a - e h des événements de la journée et je
fis appel à son autorité et à son influence pour organiser
la défense en prévision d'une aggression.
   Elle confirma mes appréhensions et jugea la situation
 grave. La présence de Patte-de-Tigre au milieu des
 Cheveux-Pàles, était pour elle, comme pour moi, un in-
 dice de mauvais augure.
   — Les Cheveux-Pâles, me dit-elle, n'ont jamais passé
 la rivière que pour échanger les produits de leurs monta-
 gnes contre du silex, dont ils n'ont pas chez eux. Ces re-
 lations datent d'un an à peine et se sont bornées à trois
 ou quatre marchés d'échange. Mais comme ils ne peuvent
 avoir aucun grief contre nous, j'ignore absolument sous
 quel prétexte Patte-de-Tigre a pu les amener en armes
 et en aussi grand nombre sur notre tsrritoire. A moins
 cependant que l'espoir de s'approprier nos mines de silex
 ait suffi pour en faire les instruments de la vengeance
 de ton rival.
   Les dernières paroles d'I-ka-eh éclairèrent pour moi
la situation d'un jour tout nouveau ; et il me parut inu-
tile de chercher ailleurs la cause et le but de l'expédition
des Cheveux-Pàles. Patte-de-Tigre n'était dans cUle
affaire que le traitre vulgaire qu'on fait pendre le lende-
main de la victoire. Mais les mines de silex devaient