page suivante »
542 LE PAGE DU BARON DES ADRETS. « Allez dire au seigneur Cice, répondit Moncelar, que s'il veut venir se rafraîchir dans la ville, il trouvera la porte ouverte et sera le bienvenu. Mais si c'est pour obtenir ce qu'il propose, non. » Aussitôt que Beaumont eut été prévenu, le feu com- mença. Pendant que l'attaque était simulée aux autres portes, elle était furieuse du côté de la Poterie. Là était le gé- néral, là était tout l'effort de l'armée. Tranquille dans le danger, bravant l'ennemi, Beaumont dirigeait les coups et suivait d'un œil attentif la démolition des murs. Ni la chaleur de l'été, ni l'ardeur brûlante du soleil de juillet, ni les projectiles qui sifflaient autour de lui, ni la fatigue ne pouvaient l'arracher à ce poste d'où il suivait les pro- grès des huguenots. Sa présence animait les soldats, sa parole les électrisait, sa bravoure inspirait la leur ; avec un tel chef et une telle armée la victoire ne pouvait balancer. Au moment où le soleil penchait vers les montagnes de l'Auvergne, que la chaleur moins brûlante annon- çait le déclin du jour et que l'armée pensait au repos du soir et à ses tentes, un courrier demanda le général. Ses dépêches venaient de Lyon. La ville présentait quelques traces d'agitation, les moines se remuaient, les catholiques faisaient des menaces et les réformés, privés du chef qui leur inspirait de la confiance et de l'armée qui les protégeait, se laissaient aller à la crainte et au dé- couragement. Un billet intime ajoutait que toutes les démarches faites pour découvrir Flavio et ses compagnes avaient été inutiles; que, cependant, un juif, venu des Etats de