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 474                   LES FEUILLANS DE LÏON.

   En 1749, il est fait cession à perpétuité, à Jacques-Germain
 Soufflot, à Melchior Munet, architectes, et à Léonard Millanais,
d'un espace de terrain, depuis la partie cintrée du quai, en face
de la rue Puits-Gaillot jusqu'à l'angle de l'épaule du bastion de
Saint-Clair. Il paraît que les travaux de remblai destiné à rele-
ver l'immense grève qui s'étendait depuis les courtines du Rhône
jusqu'au nouveau lit du fleuve, s'effectuaient très lentement,
puisqu'en {755 les entrepreneurs du quai Saint-Clair formulè-
rent une réclamation à la suite de laquelle on mit en adjudica-
tion le transport des graviers nécessaires à la formation du terre-
plein du quai Saint-Clair. Quoi qu'il en soit, d'après Cochard,
[Descript. de Lyon, 1817), en 1761, le mur et le talus du quai
étaient achevés. Enfin, en 1765,on adjugea les travaux de cons-
truction d'un mur de terrasse prenant à l'angle et sur l'aligne-
ment delà maison Millanais, dans la longueur de 225 pieds. Ce
mur de terrasse a subsisté jusqu'à ces dernières années, et il a
été remplacé par un talus en retrait sur les maisons, de sorte que
l'on ne peut plus apercevoir ce qui arrive sur le quai du coté du
nord. Ce fut de 1776 à 1779 que l'on donna aux mariés Gence la
permission de construire sur le Rhône, en face de la susdite ter-
rasse, un bateau couvert, de 100 pieds de longueur, à l'usage des
baigneurs des deux sexes. Pour expliquer cette promiscuité mas-
culine et féminine, il est à présumer que chaque sexe avait un
compartiment particulier.
  Je ne suis pas dans l'intention d'écrire l'histoire du quartier
Saint-Clair et j'ai voulu seulement faire voir que les Feuillans
avaient spéculé très-sagement en élevant des constructions le
long de la rue qui porte leur nom. Ce fut donc, probablement,
en raison des excellentes conditions d'existence des diverses con-
grégations religieuses qu'alors l'autorité décida que les aumônes
accordées aux Feuillans (80 livres), aux religieuses de Bellecour


qui dirigeaient alors le collège ; le quatrième, dont la destruction, déjà
ancienne, remonte à 1826, se voyait immédiatement en amont du pont
Morand, et avait donné son nom à la place du Port-Saint-Clair.