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DE LA MUSIQUE DRAMATIQUE. 121
des admirateurs enthousiastes, | assionnés à froid, par ton,
par mode, mais pas de coyants, pas de foi.
Maintenant l'esprit humain est entre deux mondes ,
dans l'espace qui sépare le passé de l'avenir, entre uro
synthèse éteinte et une synthèse naissante. C'est lii une
vérité qui jaillit de toute part. Poésie, littérature, histoire,
philosophie, tout est expression d'un seul phénomène;
nous vivons dans un temps de transition, entre le dernier
rayon d'un soleil qui se couche et le premier rayon d'un
soleil qui se lève. I! manque aux arts, comme aux lettres,
un génie qui les dirige vers un but déterminé et les fasse
fraterniser dans un but de civilisation .
Pour ce qui regarde les lettres, ce but a été signalé par
quelques écrivains, mais il n'en est pas de même pour ce
qui concerne la musique. En effet, qui a jamais essayé de
remonter aux origines philosophiques du problème mu-
sical? Qui a aperçu le lien qui unit la musique aux autres
arts? Qui a jamais pensé que la conception fondamentale
delà musique pût être dans la conception progressive de
l'univers cosmique, et le secret de son développement,
dans le développement de la synthèse générale de l'époque?
La cause principale de sa décadence actuelle est dans le
matérialisme régnant, dans l'absence d'une foi sociale , et
sa régénération dans le réveil de cette foi, dans son asso-
ciation avec les destinées des lettres et des disciplines phi-
losophiques. Qui a jamais dit aux jeunes artis(es?« L'art que
vous cultivez est saint, et vous devez être saints comme lui,
si vous voulez en être les ministres ; l'art qui vous est
confié est étroitement uni au mouvement de la civilisation -,
la musique est une harmonie de la création, un écho du
monde invisible, une note de l'harmonie céleste que l'u-
nivers est appelé à exprimer un jour et, pour bien la com-
prendre, il faut s'élever à la coutempUUon de l'univers et