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PIE n. 489 ont vu l'animation de la scène, touché les acteurs ; acteurs eux-mêmes, ils ont passé au travers du tourbillon, payé de leur personne. Les ressorts qui donnent le branle, les inté- rêts qui sont en jeu, les passions qui s'agitent dans l'ombre ou qui éclatent en plein jour, ils s'en sont rendu compte. Leur raison est plus éclairée, leurs appréciations plus compétentes, leurs témoignages plus aulhenliques, leurs opinions plus respectables ; et bien que l'impartialité soit rarement leur fait, il y a dans leurs esquisses plus de couleurs, de tons, plus de mouvements réels que dans les tableaux plus savants peut-être des peintres postérieurs, mais qui n'ont ni vu ni senti comme eux. C'est la ce qui nous procure un charme si grand dans la lecture de César, de Joinville, de Philippe de Commines. S'il m'était permis de comparer iEnéas Sylvius à ces trois écri- vains, je dirais qu'il n'a pas la simplicité élégante de César, la naïveté flne de Joinville, la sagace bonhomie de Philippe de Commines, mais je lui accorderais plus d'abondance, de variété et d'élévation. Les commentaires de Pie II ont, du reste, cela de commun avec ceux de César, qu'ils ont été écrits au sein de la vie la plus active qui se puisse concevoir, en courant, sans prémédilation, au jflur le jour, sous la tente et au vol de la plume. Pour le style, quoi qu'en dise Campsno, je ne pense pas que ce soit là le côté le plus remarquable de ces mémoires. Ce n'est pas que le style d'JEnèas Sylvius manque d'origina- lité ; il en a une môme très-marquée, par la hardiesse et l'é- nergie, si on le rapproche de celui des écrivains de l'époque; mais en général il est très-inférieur à celui de César, de Joinville et de Philippe de Commines. Il ne peut en être au- trement. Ceux-ci ont écrit dans leur propre langue ; et quoi- que Joinville et Philippe de Commines n'aient point eu l'avan- tage, comme César, d'un idiome adulte, perfectionné et clas-