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HISTOIRE DU BEAUJOLAIS AU XIIe SIÈCLE (SUITE). Villefranohe. S'il y a grande divergence sur la date de la fondation deYille- franche, cela tient à une cause toute naturelle. On ne fonde pas une ville comme on fonde une maison, un château, un couvent, une église, à un jour donné. Un long travail préparatoire pré- cède ce qu'on est convenu d'appeler la fondation. Il y a une époque incertaine, inconnue, où une famille a planté sa tente sur un terrain vide. Le chef de cette famille est le véritable fon- dateur. Tente ou chaumière, cette première habitation est le noyau de la cité future. Qui s'en doute alors? personne. D'autres familles attirées ou par la parenté, par alliances ou par affaires, ou encore séduites, elles aussi, par les avantages locaux, prennent place autour de la première. Un groupe se forme. Voilà le village. Pour peu que cet essai soit tenté sur une route fréquentée, près d'un fleuve aux eaux navigables, dans une terre plantureuse, l'exemple devient contagieux. Une ville naît. Nul n'a gardé trace de cette primitive fondation ; elle s'est opérée lentement, sans préméditation, sans bruit, par la force des choses.