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346 LION AVANT 8 9 . résultat n'a rien qui doive surprendre. La terre et le droit de porter les armes (1) étant exclusivement réservés à la noblesse, le commerce devenait la seule ressource de ceux qui voulaient être libres, c'est-à -dire assez forts et assez riches pour n'avoir besoin de personne. Semblable en cela h toutes les villes libres du moyen-âge, Lyon se voua donc entièrement, d'une part au négoce, de l'autre à la conserva- tion et au progrès de ses institutions communales. Entourée de puissants voisins, les ducs de Bourgogne, de Bourbon, de Savoie, la commune lyonnaise sut toujours faire respecter son indépendance, ue chercha jamais à jouer un rôle dans la politique générale du royaume, mais cependant montra dans l'occasion que l'esprit de liberté ne nuit pas au pa- triotisme. L'année 1430 est célèbre à ce point de vue dans les fastes lyonnais. Au moment où Dieu suscitait Jeanne-d'Arc pour relever la fortune de la France, le prince d'Orange s'enten- dit avec le duc de Savoie, pour s'emparer du Dauphiné, et l'envahit à la tôle d'un corps d'armée considérable. Le sire de Gaucourt, gouverneur de la province, incapable de résis- ter avec ses seules forces, fit appel aux bourgeois de Lyon. Ceux-ci levèrent immédiatement des troupes qui, sous les ordres du sénéchal Imbert de Grôlée, détruisirent, auprès d'un village du Dauphiné nommé Anlhon, l'armée du prince d'Orange et l'obligèrent lui-même à s'enfuir en traversant le Rhône à la nage avec son cheval. L'histoire peut mentionner encore la conduite des Lyonnais en 1557, lorsque après la funeste bataille de Saint-Quentin, ils allèrent (2) au secours du comte de la Guiche assiégé (1) J'ai dit plus haut que les Lyonnais avaient le droit de porter les armes, mais ce n'était que dans l'enceinte et pour !a garde de leur ville. (2) Les milices lyonnaises étaient commandées par Guerrier de Com- belande.