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 20                        MCOLAS BERGASSE.

 lyonnais présentait à ses collègues l'éloquent résumé de ce
 qu'ils auraient à dire au clergé, à la noblesse et au roi pour
 terminer ce différend. Malgré les éclats de colère de Mira-
 beau, le succès de Bergasse fut très-grand : non seulement la
 proposition qu'il soutenait fut adoptée, mais l'assemblée le
 chargea expressément d'en informer le roi. Une adresse ré-
digée par Bergasse, Barnave et Chapelier fut lue à la même
séance et adoptée avec acclamation ; elle eut aussi un plein
succès auprès du prince, dont le cœur inclinait depuis le
premier jour vers la réunion des ordres.
    Effrayé du déchaînement de l'opinion qui commençait à
confondre la couronne dans la cause des abus et des privi-
lèges, Louis XVI manda auprès de lui le prince de Luxem-
bourg, président de la chambre de la noblesse, et lui de-
manda de mettre fin à cette dangereuse scission. En vain
M. de Luxembourg voulut-il effrayer son auguste inter-
locuteur, en vain essaya-t-il de lui démontrer qu'avec trois
chambres la couronne perdait inévitablement dans l'opinion
tout le prestige qui s'attacherait à cette imposante person-
nification du pays, Louis XVI, plus ferme que d'habitude,
répondit: « Dites à l'ordre de la noblesse que je le prie
de se réunir aux deux autres; si ce n'est pas assez, je le lui
ordonne; comme son roi, je le veux (1). »
   Le cardinal de La Rochefoucauld, président de la chambre
du clergé, reçut aussi la même injonction, moins nécessaire
pour son ordre que pour celui de la noblesse, car un grand
nombre des députés ecclésiastiques étaient venus depuis long-
temps se réunir au tiers-état.
   Le 14 juillet suivant, le jour même où le peuple de Paris
démolissait la Bastille, l'assemblée entreprenait de jeter les
bases d'une nouvelle constitution. Une commission de huit

  (1) Moniteur universel du 4 au 6 juillet 1789.