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DU PONT DE LA GUILLOTIÈRE. 433 nous le répétons, si ce pont n'étant point terminé, on avait dû doubler la largeur de la partie existante, et changer la disposition des deux arches du milieu, il eut été plus sage et plus économique de tout démolir pour tout refaire. On a dit que ce fut au pied d'une des piles du pont de la Guillolière, que fut trouvé Se fameux bouclier an- tique, présenté à Louis XIV par Guillaume Pilata ou Puy- lata (1), mais ce fait est controuvé. Ce bouclier fut trouvé, en 1686, dans le Rhône, près d'Avignon, par des pêcheurs ignorant sa valeur comme objet d'art et comme matière, et il fut vendu par eux, pour une modique somme, à un orfèvre de cette ville. Après l'avoir nettoyé de la couche épaisse de limon qui le couvrait, cet orfèvre l'envoya à un joaillier de Lyon nommé Simonnet (2), lequel le vendit à M. Octavio Mey, grand amateur d'antiquités (3). Malgré l'espace immense réservé, sous le pont, à l'é- coulement des eaux du Rhône, de grandes inondations avaient lieu assez souvent dans la ville et, en 1711, les eaux du Rhône et de la Saône se réunirent sur la place Béllecour, commeelless'yréunirentencoreenl840, elles (1) Voyez Lyon tel qu'il était et tel qu'il est, par Aimé Guillon. (?) Bernadin Simonnet, joaillier à Lyon , fut ensuite joaillier de la Cou- ronne à Paris. Guy Patin en parle dans ses lettres. 11 avait épousé Claudine D'Amboumay ; une de ses filles, Anne Simonnet, épousa François Morel, conseiller à la Cour des Monnoies de Lyon, arrière grand-père de M. Morel deVoleinc, notre contemporain, auquel nous devons tant de précieux travaux, relatifs à l'histoire de notre ville. (3) Winkelman, dans son ouvrage de l'Histoire de l'art, pense que ce bouclier représente Briséis rendue à Achille, et !a réconciliation d'Àga- memnon avec ce héros.