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                 NOTICE SUR M. D'AIGUË PERSE.                393

 pratiquait scrupuleusement les devoirs. Ses mœurs étaient
austères ; quanta sa probité, elle était proverbiale. Aussi
jouissait-il d'une réputation que la calomnie elle-même n'osa
jamais attaquer.
    Dès l'année 1852, la santé de M. d'Aigueperse était devenue
 chancelante. Il commença, à cette époque, à ressentir plus
 douloureusement des palpitations auxquelles avant il faisait
peu attention. En 186o, ces palpitations prirent un caractère
effrayant, et il en vint parfois a ne pouvoir goûter le repos
ni le sommeil que sur un fauteuil ou un canapé. Il était déjà
très-souffrant lorsqu'il entreprit sa course à Jlesia. Il en re-
vint plus malade. Dès lors il entrevit sa fin prochaine et ne
songea plus qu'à s'y préparer. Quoiqu'aucune de ses paroles
ne trahît ses funèbres prévisions, ses enfants le voyaient avec
 anxiété mettre ordre a ses affaires, et régler toutes choses,
comme à la veille d'une longue absence. Bientôt le mal ré-
sistant à tous les remèdes, il ne fut plus possible à personne
de se faire illusion ; toute la foi du vieillard se réveilla pen-
dant ces jours qui emportaieut, une à une, les espérances de
la vie et le poussaient irrésistiblement vers le tombeau. Il
accepta son sacrifice avec résignation et donna l'exemple
d'une inaltérable patience, au milieu des atroces douleurs
d'une suffocation presque continuelle. Il n'attendit pas les
derniers moments pour mander le dépositaire des secrets de
sa conscience, et reçut les sacrements de l'Eglise dans toute
la plénitude de son intelligence et avec toutes les marques
de la plus sincère piété. Il vécut encore dix jours; après cet
acte suprême, couché sur un lit improvisé, dans son cabinet
de travail, au pied de ses livres, de ces fidèles compagnons
de sa vie, dirigeantsureux, par intervalle, de tristes regards.
Quand l'heure fut venue, il bénit sa famille en pleurs, rassem-
blée autour de son lit, lui recommanda l'union et rendit son
âme à Dieu, le 10 mars 1861. Le surlendemain, une> suite