Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
378              NOTICE SUR M. D'AIGUEPERSE.

 sieurs prêtres et d'autres personnes alors suspectes, lesquels,
 pour déjouer les perquisitions, faisaient du jour la nuit et
 de la nuit le jour,„riiabitude de voir les transes continuelles
 de ces pauvres réfugiés lui inspira une précoce discrétion,
 et l'on raconte qu'un jour, des espions secrets, dans l'es-
 poir de surprendre son ingénuité enfantine, lui ayant fait des
 questions captieuses sur les habitants de la maison, ils ne
 purent, malgré tous leurs efforts, tirer de sa bouche une
 seule parole compromettante.
    Les jours étant devenus plus calmes, Je jeune d'Aigueperse
 fut envoyé, en 1798, avec son frère Camille, au pensionnat
 de l'Enfance, pour y faire ses études. Il vit l'a M. de Lamar-
 tine, qui ne se doutait guère du rôle éclatant qu'il devait
jouer un jour. Quoiqu'il n'ait formé alors aucune liaison
 avec le futur poète, il aimait toutefois a se souvenir de cette
rencontre. C'était un écolier docile, intelligent, travailleur
 que le jeune d'Aigueperse. Or, comme ces qualités sont
toujours accompagnées du succès, il suivit les cours du
collège de la manière la plus brillante : « Je suis bien content
de votre fils, écrivait le directeur de l'établissement aux
parents de notre jeune élève, il se montre toujours sage,
docile, appliqué à tous ses devoirs. » Et, dans une autre
lettre : « Nous vous renvoyons vos deux fils chargés de
lauriers. L'aîné (c'était M. d'Aigueperse) a reçu hier de
nombreux applaudissements soit pour l'exercice, soit pour
ses compositions, soit enfin pour ses nombreux prix. »
    A l'âge de 15 ans, en 1802, M. d'Aigueperse avait ter-
miné sa rhétorique. Il allait se mettre en quête d'une car-
rière, lorsque M. Boscary de Yilleplaine, son oncle maternel,
qui avait apprécié les rares dispositions du lauréat de l'En-
fance, forma des projets sur lui et, du consentement du
père, l'appela a Paris pour y compléter ses études et faire
son cours de droit. M. d'Aigueperse écrivit plus tard, par