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220 PATOIS DU LYONNAIS. Saint-Chamond ; celui de Saint-Chamond n'est pas parlé à Saiot-Étieime, et celui de cette dernière ville sonne étrange- ment aux oreilles des habitants de Montbrison ou de Roanne. On sait combien jadis étaient marquées ces différences que l'usage du français diminue et rend moins sensibles cha- que jour. Elles se notaient dans le langage même des villes. Les variantes qu'offraient les patois des faubourgs de Lyon, a la fin du siècle dernier, sont signalées dans le rapport a la Convention que nous avons cité. Plusieurs professions même affectaient un langage particulier. Celui de nos canuts avait un cachet spécial tout à fait distinct du langage de la ville. On remarque en outre dans un opuscule du commen- cement du XVIIIe siècle , le Lyon en vers burlesques, que les gens de certaines corporations, et notamment les bou- chers, y parlent un patois différent de celui des autres per- sonnages. De nos jours, ces différences existent encore et a l'infini dans nos campagnes. A un peu de dislance des villes, il se- rait difficile de trouver deux villages dont les habitants ne se reconnaissent pas entre eux a quelque variété dans le lan- gage. C'est surtout dans la prononciation que ces différences sont frappantes. Elles sont si nombreuses, si variées qu'elles déroutent toutes les observations. Certaines localités adoucissent les voyelles graves et aiguës, et évitent toutes les consonnes fortes. Pour elles l'a, Vo, Vê se change en ai, en ou, en eu : l'i se substitue ou s'ajoute aux autres voyelles pour les rendre plus douces : le d se change en dz, le t et le ch en la : les nasales dispa- raissent pour laisser sonner la voyelle et la consonne dont elles sont composées. On dit dans ces patois maudzil pour maudit, tsamïn pour chemin. A côté de ces villages d'autres affectent les voyelles graves