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                HÔTEL DE LUXEMBOURG, A. VAISE.                   43

celte position de la dite porte que notre petit hôtel bordait la
voie publique. Ce ne fut qu'en 1812 que le propriétaire acquit
de la ville le terrain resté libre, par le changement de direction
de la route, et y fit poser la barrière existant encore maintenant.
Au reste, on peut facilement se rendre compte de l'ancien aligne-
ment en examinant celui des vieilles maisons du quai actuel
de Vaise.
   Si l'on jette les yeux sur le plan de Lyon, levé et gravé par
Claude Séraucourt en 1735, vérifié et augmenté en 1740, on
comprendra facilement la topographie du quartier. La route
venant de Pierre-Scise rencontrait un obstacle dans le bastion
du bord de la Saône, lequel la forçait à dévier presque à angle
droit, pour chercher la porte du Lion : je crois que l'on peut
retrouver la direction de cette déviation, en pénétrant dans l'allée
de la maison n°38, près du pont de Serin. L'almanach de l'an vi,
1797-98, donne un essai historique sur Lyon, dont j'extrais le
passage suivant : a Le faubourg de Vaise est séparé de la ville
« par ses murailles et ses portes. Celle appelée du lion tirait
« son nom de la sculpture d'un lion, symbole de la ville, et
« soutenant cette inscription : un Dieu, une loi, un roi. On vient
« de détruire cette inscription. La porte du Lion, ainsi que les
« autres, fut longtemps gardée par une colonnelle de 300 Suisses,
« à laquelle fut ensuite substituée une partie du régiment lyon-
« nais, appelé la Compagnie-Franche. »
   Outre les compagnies de chevaliers-tireurs, dont je viens d'es-
quisser légèrement l'histoire, il en existait encore trois dans
chacune des provinces de Forez et de Beaujolais. Jusqu'à cette
année 1860, a survécu, à Villefranche, la société pour le tir à
l'oiseau de l'ancienne chevalerie de la Chartonnière. Une résis-
tance aussi longue à l'effacement des vieilles coutumes est vrai-
ment chose étonnante ; mais bientôt le progrès aura noyé dans
l'oubli toutes ces antiques institutions, dont on retrouvera à
peine quelques traces dans les travaux des écrivains contem-
porains.
  Il est singulier que ce petit hôtel de Luxembourg soit encore
sur pied : en effet, par devant et par derrière, il est entouré de