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458                 ANNIBAL ET LE RHÔNE,

    Si Brancus élait roi des Allobroges, pourquoi ne fait-il
pas respecter son bienfaiteur et son allié dans tout son vaste
empire? Pourquoi n'ose-t-il pas franchir les limites de la
plaine? Si ses ennemis eussent été une fraction de son peuple
du parti de son frère, Polybe n'eût pas dit qu'il redoutait les
Allobroges, parce que les véritables Allobroges c'était le
parti du roi et du se'nat qui le soutenait.
    Ce prince devait être un chef du pays des Trieoriens
ou des Tricaslrins qui, suivant Plolémée, étaient à cheval
sur les deux rives du haut Rhône, pays qui s'étendait depuis
le I>oubs jusqu'à moitié chemin du Rhône à l'Isère,
et celle île du domaine de Brancus, ainsi que le dernier
territoire en avaient sans doule été séparés par l'accroisse-
ment successif de la nouvelle branche de ce fleuve et avaient
formé un royaume à part?
   Après le passage de Polybe et après que la rivière Scoras
eût cessé de couler de la Yerpillière à Saittl-Symphorien, les
Allobroges, peuple fort et guerrier, en voyant tomber cette
barrière, se seront sans doute emparés de ce pays, ainsi
que de cette moitié dont nous avons parlé, et étendant leur
possession jusqu'au Rhône, auront établi leur capitale dans
ce village nommé Vienne, qui appartenait sans doute à Bran-
cus, et dont il n'est fait mention nulle part. L'on peut conjec-
turer encore que pour résister à la domination romaine ces
peuples se seront réunis sous le commandement d'un chef
allobroge qui les aura réunis à son empire.
   Nous devons penser, d'après cela, que l'Allobrogie s'éten-
dait à cette époque du lac Léman à Gularo (Grenoble), et
que c'est pour cela, à notre avis, qu'Annibal n'a pas dû
y passer et qu'il a quitté les bords du Rhône après avoir
fait 800 stades (depuis le passage de ce fleuve), sous les
dents du Monl-du-Chal.
   Quant à la position de Penol (dont nous faisons dériver