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-442 LA TOUR DE SAINT-DENIS seigneurs burgondes, ne purent arrêter la décadence du gracieiu village. Saint-Denis entrait dans une période de souffrances et de ruines, dont le passage des Fluns et des Sarrasins devait augmenter l'horreur ; un long deuil devait couvrir ses foyers, et pendant de longs siècles l'histoire l'enveloppe d'indifférence et d'oubli. Les Bourguignons , en pénétrant dans nos vallées , avaient couvert de vignes le flanc de nos montagnes ; les pampres qui grimpaient le long des coteaux, avaient mûri leurs grappes aux rayons d'un ardent soleil, et ce présent de la Providence avait aidé aux lils des Romains et des Ambares à supporter leurs malheurs ; les Huns n'apportèrent que l'épouvante et !a dévas- tation. Saint-Denis fut ravagé comme les autres villages de la contrée, mais ses habitants moins heureux que leurs voisins ne purent ni se réfugier sur des hauteurs inaccessibles, ni se cacher dans des forêts profondes. Tout fait croire que cette malheu- reuse population fut cruellement décimée et que, l'orage passé, elle ne put jamais relever tous ses débris. La présence des Sarrasins sur les bords de la rivière d'Ain, leur séjour, leurs combats contre les habitants de ces montagnes, sont diversement racontés par la légende populaire et par l'his- toire. La première dit, que le château de Saint-Denis, habité par un seigneur cruel, fut longuement assiégé par les Sarrasins ; qu'abandonné par les autres seigneurs du pays, qui avaient à se venger de ses rapines et de ses perfidies , il poignarda lui-même sa fille unique, d'une ravissante beauté , et qu'après l'avoir frappée, il la précipita avec ses trésors, dans le puits profond creusé dans le château par les Romains ; puis, qu'il mit le feu à son manoir quand il vit l'ennemi vainqueur dans un dernier assaut. L'histoire moins précise dit seulement que les Arabes conduits par Athim, désunis par les promesses de l'évêque de Sens, poursuivis par les soldats de Charles-Martel et de Childe- brand, et refusant d'obéir comme armée à leurs chefs, traver- sèrent, tribus par tribus, la Saône, qui séparait le royaume de France des terres de l'empire d'Allemagne; que groupés sur trois points de la plaine, sur les bords de l'Ain, sous Am-