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326 LETTRES DU CONNÉTABLE
On connaissait a Lyon , mais vaguement, la poursuite
vigoureuse et obstinée des favoris du Roi parle Connétable.
La bourgeoisie, ne pouvant se rendre un compte exact de
cette espèce de guerre civile, était inquiète et effrayée. Les
Conseillers de la ville prirent des mesures pour garantir la
sûreté publique et préserver la cité de toute surprise, tant de
la part des Armagnacs ou des Bourguignons que du parti du
Connétable. Ils firent fermer les portes, tendre les chaînes
de la Saône , et les clefs de la ville furent confiées a des
hommes sûrs.
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•• Enfin, on eut a Lyon des nouvelles de ce qui se passait Ã
Bourges, comme on le voit par l'extrait suivant d'une séance
des Conseillers de la ville.
Extrait du registre BB. 1, des délibérations des Conseillers de la
Ville de Lyon.
Séance de la Dimenche, premier jour de Penthecosle , xxvije
jour demay iiijc xxv (1423), en la maison de la ville nouvellement
acquise.
« Guillaume Cloet a rapporté que, lui s'en allant à Bourges,
il trova sur" chemin, c'est assavoir a Sainct-Saphorien-le-
Chastel, ung appelé Thomassin qui est à monseigneur de
Vienne (Jean de Norry, archevêque de Vienne) qui lui dist
que il venoit de Bourges, et que l'on y disoit que le Roy y
venoit, et que 'l'on avoit crié à Bourges que tous ceux qui
tiendroyent le parti du Président (Jean Louvet, président
des aides de Provence), de Frottier et du seigneur de Giach,
que l'on y disoit publiquemment estres traitres au Roy, qu'ils
vuidassent la ville dedans deux jours.
« Après et plusieurs autres nouvelles, lequel Guillaume
s'en retourna a Lyon avec ledit Thomassin, lequel Thomassin
s'en alla à Vienne par devers son meistre, et ledit Cloet,