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22 ANTIQUITÉS DE CHAL0N,
pavage de certaines pièces d'une villa, de celle riche mar-
queterie qu'on nomme mosaïque. Les bords de la Saône
étaient remplis, paraît-il, de riches maisons de campagne
occupées presque toutes par des familles italiennes , que des
fonctions publiques ou le commerce retenaient dans ces fer-
tiles contrées. Les rives fleuries de notre charmante rivière,
ses prairies, ses riants pâturages rappelaient aux Italiens la
mère patrie , les rives du Pô, de l'Arno ou du Tibre ; et s'il
plaisait au possesseur d'une de ces splendides villas, d'inviter
quelque ami d'au delà des monts, à venir le visiter, il pouvait
lui dire, sans fiction, avec le berger de Virgile :
Hic inter flumina nota
Et fontes sacros, frigus captabis opacum.
Voilà ce qui nous explique les ruines de Sans et de Noiry,
villages du Chalonnais situés, l'un à une faible distance,
l'autre sur les bords même de la Saône.
De toutes les ruines de Sans, il reste quelques colonnes
brisées, quelques vestiges sans nom et enfin, deux pavés
mosaïques découverts en 1840 et en 1852. Les deux salles
où se trouvent ces mosaïques sont contiguès ; elles faisaient
donc partie de la même habitation ; et cependant, on n'a
trouvé, dans le mur qui les séparait, aucune ouverture qui fit
communiquer la première à la seconde. On pénétrait dans la
première, par un vestibule d'un dessin assez simple; on
passait de là dans la pièce principale d'un dessin beaucoup
plus riche, représentant une frise mélangée d'arabesques,
deux torsades, plusieurs carrés formant losanges, et enfin,
au centre, un buste de grandeur naturelle. On arrivait en-
suite dans un hémicycle rempli par deux grands griffons,
assis, affrontés, les ailes déployées et posant chacun une
patte sur le bord d'une urne.
Le dessin de la seconde salle est beaucoup plus simple :
c'est celui qu'on appelait opus alexandrinum. H se compose