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322                             îUPtES.
 qui est ma Terme conviction, combien l'unité de l'Italie rêvée
 sous une forme plus absolue que la fédération d'États divers,
 et diversement gouvernés, me semblait une chimère, une chose
 irréalisable. Rien n'est tranché comme les différentes parties qui
 la composent ; rien ne ressemble si peu au Romain que le
 Toscan, le Napolitain, le Piémontais, le Lombard, le Calabraisj
 et vice versa, en comparant toutes ces populations, caractère,
moral ,* physique, aptitudes, mœurs, configurations, aspect du
pays ; aussi que de rivalités, encore je ne dirai pas d'Etat à Etat,
 mais^dc ville à ville dans le même État! Le Sicnnois est toujours
bien plus Siennois que Toscan et pas vlu tout Florentin, ainsi du
Pisan ; et les Italiens d'une partie à l'autre de l'Italie ne s'estiment
nullement, se jalousent et se tournent enridicule. Par exemple,
le Romain, généralement paresseux, sale, mendiant et hautain,
se moque du Toscan, actif, laborieux, rangé, porté aux affaires ;
tournant ces qualités en avarice, lésine, petitesse, il fait courir
ce proverbe : Si le Toscan a perdu un haricot il mettra tout un
jour à le chercher; ou bien — quand vous irez à Florence, n'ou-
bliez pas d'y manger l'omelette d'un œuf, c'est le plat du pays.
S'il en est ainsi de ville à ville que sera-ce d'État à État ! Je disais
en riant à ces Romains que le seul moyen d'arriver vite à
l'unité pour l'Italie, eût été la durée du premier Empire. Cin-
quante ans sous les lois et l'égide de la France auraient mis de
suite ces contrées à la hauteur de notre civilisation et de notre
unité ; car rien ne leur manque en richesses intellectuelles et
personnelles ; les individualités même, comme les villes, y sont
peut-être trop fortes, trop exubérantes, et c'est là le plus grand
obstacle à l'établissement de ce niveau général, et de cette abné-
gation nécessaire aux diverses freétions d'une nation, si elle
veut se réunir en un tout homogène. C'est aussi cette exubé-
rance de vie qui fait sortir tant de crimes du sein de cette noble
terre, où tout est extrême en bien ou en mal. Enfin, tout en
causant ainsi, nous en sommes venus à parler de la domination
française dans les contrées où elle a passé et à la comparer à la
domination anglaise ; or, de ce parallèle, très-impartial, puisqu'il
reposait sur des faits historiques, il résultait ceci : la France,