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m DE t ' O l S I V E ï É
de leur père et de le considérer comme une tache ! Celui
qui pouvait prétendre au légitime honneur d'être le chef
d'une famille considérée et utile, sera privé du respect
qu'auraient eu pour lui des enfants dans la misère ! Son nom
se seraif, conservé au milieu de ces derniers, et il sera voilé
d'abord et effacé ensuite par ses enfants enrichis et ingrats !
Dans les demeures des familles illustrées par des services
rendus pendant une longue suite de siècles, les portraits des
ancêtres sont religieusement conservés. Le chef de la race,
celui qui, en échange de glorieux services, a reçu du Sou-
verain un nom et un titre qu'il a portés lui-même avant de
le transmettre à ses descendants, est la, occupant une place
d'honneur; vers lui se dirigent tous les regards, s'inclinent
tous les respects. Aucun de ses enfants ne pense s'anoblir
en voilant sa face et en reniant son nom.
Mais ce n'est pas seulement l'oubli du respect filial qu'il
faut remarquer dans le changement arbitraire d'un nom plé-
béien ; on peut y voir une atteinte portée 'a l'honneur de la
classe moyenne. Rien ne servirait davantage la dignité de la
bourgeoisie que la constitution de familles nombreuses, con-
servant leurs noms héréditaires et dans lesquelles se trans-
mettraient de générations en générations avec des habitudes
de bonnes mœurs, d'ordre et de travail, l'éclat modeste que
donnent des positions depuis longtemps considérées. Ces
familles dans lesquelles les enfants recevraient dès le bas-
âge, une éducation complète et qui uniraient la dignité
des mœurs aux habitudes laborieuses, élèveraient dans l'es-
prit de toti's, l'opinion qu'on se fait de la classe moyenne,
elles formeraient le point de mire d'une louable émulation,
et elles éteindraient le funeste préjugé qui sépare l'homme
qui travaille de l'homme réputé comme il faut. Grâce à leur in-
fluence, la bourgeoisie, justement fière de ses services
présents comme de ses services passés, n'en serait pas ré-
duite à voir son nom renié comme une tache et pris comme
synonyme de médiocrité.
Quoi qu'il en soit de ces aperçus dans lesquels j'envisage
un ordre de choses qui est bien loin de nos mœurs, la di-
gnité mal comprise est incontestablement le plus grand
obstacle à ce que des jeunes gens qui jouissent de la fortune
entrent dans des carrières laborieuses. Je ne parle, ni de la
guerre, ni du gouvernement, ni de la diplomatie; car les
plus grands seigneurs n'ont jamais pensé déroger en exer-
çant le pouvoir : j'ai surtout en vue les professions qui placent