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              LETTRE A PROPOS D'UN SAUF-CONDUIT.               52S

conduit, qu'il puissent aler venir, ester et retornerpar aygue et
par terre, par le Royaume et par l'Empire , ou par Anse, ou au-
tre part, là où il vourront aller , venir, séjorner de jor ou de
nuit, armé ou désarmé, à vint chevaux, vint personnes à cheval,
et cincq valiez à pie, ou à moins; pourquoi mande et commande
à touz mes hiens vullanz alliez et subgez, prie et requier touz
autres que aus diz vicaires et porteur de cest dit sauf conduit,
ne à leurs genz au nombre dessus dit, ou moins, en corps, che-
vaux, maies ne autres biens , par terre ne par aygue, ne pour
marque ne autrement, ne meffacent, ne donnent dommage en
aucune manière, en quelque lieu ou fort ou estât que ce soit,
durant le terme de ce sauf conduit, lequel je vuel que dure et
vaille par quinze jours après la date. Donné à Anse, soulz mon
sael, le cinqyème jour d'Àost, l'an de grâce M.CCC.LX. et
cincq. »
   Un mot maintenant sur Séguin de Badefou ou de Badefol.
   Séguin de Gontaut, 2 e du nom , seigneur de Badefol en Péri-
gord, fit ses premières armes dans les guerres de Guyenne sous
le commandement de Pierre de Marmande. Ayant pris le parti
des Anglais ses biens furent confisqués. Pour les recouvrer il se
rallia, en 1342, à la cause du roi. Caractère fougueux, chevale-
resque et aventureux, il parvint à attacher de bonne heure à son
nom une certaine célébrité , que de hardis coups de mains de-
vaient plus tard accroître et sanctionner. Lorsque le traité de
Brétigny vint mettre fin aux hostilités qui, depuis si longtemps,
déchiraient la France, les bandes d'étrangers stipendiés par les
deux partis furent dissoutes ; mais elles se reformèrent bientôt
d'elles-mêmes sous le nom de Grandes Companies et s'élirent
des chefs. Les Tard-venus mirent à leur tête Seguin de Badefou,
(Daniel, Hist. de France t. v. p. 521-523) — Digne chef de tels
soldats, mesurant son droit à la portée de son épée , Seguin les
conduit à travers la Champagne, la Bourgogne, le Maçonnais et
le Lyonnais, pillant et ravageant tout sur son passage. Les Lyon-
nais implorent le secours du roi. Les Tard-Venus, pourseretran-
cher et fortifier leur position , détruisent les aqueducs de Bri-
gnais, et le 2 avril 1362, écrasent sous les pierres et taillent en