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LA CATHÉDRALE DE LYON. 515
de l'œuvre imprima naturellement à l'édifice, cette variété de
style qui le caractérise si particulièrement.
Il ne faut plus, dès lors, s'étonner de ne pas retrouver dans
ces premiers travaux exécutés à une époque de transition ,
l'unité d'aspect que présente la grande nef, et supposer par
conséquent, que celle-ci, conçue d'après un plan exclusivement
en dehors des constructions primitivement élevées, ne s'y relie
par aucun lien de parenté.
Mais si l'emploi simultané du plein cintre et de l'ogive
pouvait faire naître quelques doutes sur l'unité d'ensemble du
monument, l'examen du plan général suffirait pour le dissiper.
Il est facile, en effet, de reconnaître par la similitude de
structure des piliers d'angle de l'abside et des transepts, avec
ceux à demi-engagés dans les murs latéraux des basses nefs,
que suivant toute apparence, ce plan a été tracé en entier par
l'architecte fondateur; on retrouve môme, dans les premières
travées des nefs latérales, quelques chapiteaux romans.
La présence ici de ces chapiteaux, et de nombreux indices
du même style, dans les transepts à quelques mètres du sol,
indiquent d'abord jusque là une direction unique dans la
construction de l'édifice, et démontrent en même temps que
si les dimensions des nefs latérales — désignées, d'ailleurs
par celles des chapelles du fond — étaient déjà connues,
celles de la grande nef devaient l'être également.
Au surplus, l'étroite et persistante alliance des deux styles
se révèle, surtout, dans une petite fenêtre des basses nefs du
côté nord : l'archivolte qui est une simple moulure ronde, est
supportée, d'un côté, par un chapiteau roman, et de l'autre,
par un tailloir aux profils de l'époque ogivale. Nous ferons re-
marquer aussi, un peu plus loin, et à la même hauteur.de
plan , au-dessus de l'entrée d'une sacristie, une série de pe-
tites ogives en lancette, où l'on reconnaît à ne pouvoir s'y mé-
prendre , tous les détails de celles du triforium de la grande