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4()6 I1ÉV0LUT10N DE SUÈDE EN 1 7 7 2 .
supposition où l'on réussiroit a écarter trois Bonnets qui sont
sans mission légale, nos amis ne pourraient compter que sur
une supériorité de deux voix seulement, pluralité bien foible
et plus incertaine encore, lorsqu'on réfléchit que dans tous
les partis il y a toujours des voix équivoques. Tout cela
considéré, j'avoue que je ne vois à pas faire un grand fond
sur l'ordre des prêtres.
» Celui de la Noblesse s'annonce mieux en gros, et je ne
mettrois pas en doute que nous n'emportassions hautement
l'élection du maréchal de la diète, si M. le comte de Fersen
vouloit se présenter pour cette dignité ; mais sa répugnance
a prévalu et prévaut encore sur toutes les représentations et
les instances que le roi de Suéde et les bien intentionnés
ont pu lui faire. Comme elle est invincible, on se propose de
porter a cette place importante M. le baron de Lowenhaupt,
qui est bien plus connu par l'honnêteté de son caractère que
par ses talens. On se flatte de reunir une assez grande su-
périorité en sa faveur. Il y a eu avant-hier une assemblée
de 600 nobles dont on prétend être assuré.
» Nos amis attribuent leurs premiers échecs a la cor-
ruption ; elle a été forte, sans doute ; les Bonnets n'ont rien
épargné pour avoir le dessus ; mais comme les Chapeaux ne
se sont pas montrés économes, je me crois autorisé à con-
clure que la corruption n'a pas tout fait et qu'il doit y avoir
quelque autre cause de la décadence de ce parti. La négli-
gence des Chapeaux les a conduits par degrés dans l'état
fâcheux où ils se trouvent. Ils en conviennent aujourd'hui,
et ceux avec lesquels j'ai pu m'ouvrir avec franchise, n'ont
pu me dénier que des ressources pécuniaires supérieures
même a celles dont nous sommes dans le cas de regretter
l'infructeux emploi, ne les auroient pas tirés du mauvais pas
où leur mollesse les a engagés.
» La position du parti Chapeau me semble ne pouvoir être