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336 LE PÈRE DE LA CHAIZE.
de donner sur ce point quelque satisfaction à mon zèle ; et je
souffre avec bien plus de peine les obstaeles qui naissent, soit de
ma propre infirmité, soit du malheur des temps, soit de la diffi-
culté même des affaires, que je ne me réjouis des prospérités,
qu'avec l'aide de Dieu, je procure de temps à autre à mon excel-
lente Mère.
Le Roi a été si fréquemment circonvenu pour accorder de
nouveaux bénéfices et des privilèges sur les lieux mêmes où la
guerre s'allumait avec le plus de fureur, et, dernièrement en-
core, il a été assailli par des vœux et des demandes si ardentes
et si répétées pour rendre intégralement à nos Pères (malgré le
mauvais vouloir et la ligue des autres Ordres de Belgique) leur
collège de Maëstricht, leurs rentes, leur église et tous leurs bé-
néfices , qu'il serait à craindre enfin, si l'on ne met plus de ré-
serve dans les demandes relatives à nos intérêts, je ne dirai pas
d'épuiser, mais au moins de lasser la singulière bonté et la mu-
nificence d'un si excellent prince envers nous.
Comme les raisons ne manquent pas à Sa Majesté de se
plaindre des catholiques anglais qui sont entrés avec autant
d'imprudence que de déshonneur en pleine révolte contre Elle,
alors que ce prince était si attentif à rendre florissantes les
affaires de la chrétienté et à procurer la paix à toute l'Europe, il
a été impossible jusqu'ici au séminaire anglais de Saint-Omer
d'obtenir le. moindre bienfait. Cependant il reste encore quelque
espoir, et j'y mettrai tant de zèle et de diligence que j'ai con-
fiance (tout en ne négligeant rien, en attendant, pour venir Ã
son secours) d'obtenir plus tard quelques subsides et d'être plus
heureux que ceux pour lesquels je m'efforcerai d'obtenir cette
grâce. Mon plus grand bonheur est de faire en £el& quelque
chose d'agréable à Votre Paternité et qui soit l'expression de sa
volonté.
* Fontainebleau, 23 mai 1 680.
Au même.
Mon Très-Révérend Père,
J'ai adressé, il y a quelques jours, à Votre Paternité, une lettre