Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
                     LE PÈRE DE LA CHJUZE.                         327

 qui furent reçus dans la chapelle de Versailles, partie le 31 dé-
 cembre, après les premières vêpres, partie le lendemain, pre-
 mier jour de l'an, après la grand-messe. » « A pareil jour, con-
 tinue cet auteur, tous les commandeurs et chevaliers étaient
obligés, par les statuts de l'Ordre, de communier en présence de
 Sa Majesté. Ceux même qui, à cause de lUir âge, débilité ou indis-
position n'auraient pas pu attendre à recevoir le saint-sacrement
jusqu'à la fin de la grand-messe, devaient en avertir la veille à
 vêpres le grand-maître, lequel commettait quelque homme d'église
 pour assister le lendemain au matin à leur voir recevoir ledit saint-
 sacrement (1). » On conçoit les graves inconvénients que pou-
 vait entraîner une disposition aussi singulière. Le roi, sur l'avis
 du Père de la Chaize, la raya des statuts, « et Madame de Sévi-
 gné, qu'on cite toujours avec plaisir, trouva cette action presque
 aussi belle que celle d'empêcher les duels. »
    Tout en s'occupant avec une activité prodigieuse des affaires
 ecclésiastiques de toute nature qui se rattachaient à son Minis-
 tère , le Père de la Chaize ne négligeait pas, pendant ce temps-là,
 les intérêts de son Ordre.
    Les Jésuites durent à son zèle infatigable et à sa haute pro-
 tection auprès du roi, la création de nouvelles maisons d'édu-
 cation et le développement de celles qu'ils avaient déjà établies.
    Mais avant de faire connaître ce que fit Louis XIV en faveur
 du célèbre Institut, examinons, aussi rapidement que possible,
 quelle était, sous ses divers aspects , la situation de l'enseigne-
 ment au XVIIe siècle et ce qu'il dut à l'initiative du grand roi.
    Richelieu, qui avait sérieusement songé à établir en France le
 despotisme, avait, pour arriver plus facilement à son but, étudié
 la question par la base. Son testament politique fourmille de
•maximes qui ne tendent à rien moins qu'à restreindre le plus
 possible l'étude des belles-lettres , et dans ces maximes, il faut
 bien le reconnaître , à côté de l'erreur qui domine se trouve une
 certaine dose de vérité : « Ainsi qu'un corps qui aurait des yeux

  (1) Art. 72 et 73 dos statuts de l'Ordre.
  (2) L'abbc Oroux. Hisl. ecclés. ~Mme de Sévigné, lettre du 5 janvier 1689.