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                      HISTOIRE DE CHARLIEU.                         317
huèrent sans doute largement à cette dépense, comme ils y
étaient tenus par l'article 28 de la charte de privilèges. Je ren-
voie au livre de M. Desevelinges (1) pour les détails de la lutte
qu'eut alors à soutenir Charlieu contre les Anglais.
   Quand l'ordre fut un peu revenu, en 1367 (2), le procureur
du roi fit un procès aux habitants au sujet de la démolition du
château, qui n'avait sans doute été consentie qu'à la condition
qu'on le remplacerait par une autre maison dans la ville. « Il
y eut traité, dit M, Desevelinges (p. 188), et les bourgeois ache-
tèrent une maison du prix de 550 francs d'or. Le roi Charles V
homologua ce traité par lettres du mois d'août 1367. Cette
maison servit, comme autrefois le château, si je ne me trompe,
à l'exercice de la justice royale. Elle contenait sans doute l'au-
ditoire, le greffe, et peut-être le logement des magistrats. L'in-
troduction dans l'intérieur de la ville du châtelain royal, qui
résidait autrefois en dehors, envenima les contestations déjà
très-vives entre lui et le prieur, au sujet de l'étendue et des
attributions respectives des justices royale et seignieuriale,
comme on le verra en son lieu. » M. Desevelinges raconte en
effet plus loin (p. 246 à 252) en détail les diverses circonstances
de ce combat de procureurs.
   Après la guerre des Anglais, qui occupa une partie du XIVe siè-
cle et tout le commencement du XVe, et valut à Jeanne Darc
les honneurs du bûcher (le 30 mai 1431), vint la guerre dite
des Bourguignons, plus fatale encore, s'il est possible, car c'était
une guerre civile, tandis que l'autre était une guerre étrangère.
Contre les Anglais, tout ce qui avait le cœur français était uni ;
contre les Bourguignons, qui étaient aussi des Français, le pays
était divisé. C'est ce que prouve très-bien M. Desevelinges dans

  (1) Ibid., p. 155 à 158.
   (S) Ce n'est pas en 1397, comme on l'a imprimé par erreur dans lo
livre de M. Desevelinges, mais en 1377 qu'eut lieu la bataille qui dé-
livra nos contrées des Anglais. Voyez mon Hist. du Forez, t. Il, p. 4
et 5. Les peccadilles que je relève en passant dans le livre de M. Dese-
velinges lui prouveront l'intérêt avec lequel je l'ai lu.