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408 DE LA DÉCADENCE ROMAINE.
11 est un peu plus difficile de bien apprécier la science du
slructor. Il devait être spécialement chargé de plaire aux
yeux des convives, et de donner ce que nous appelons de la
tournure aux produits de la cuisine. Entre le cocus et le
slructor, il y avait une alliance nécessaire, et peut-être même
les deux rôles étaient parfois joués par le même personnage.
Le premier accommodait et assaisonnait, le second dressait
et arrangeait sur le fercuhm le service, composé souvent de
mets qui nous sembleraient singulièrement disparates. J'en
produirai un exemple fourni par Pétrone, dans la description
un peu hyperbolique, il est vrai, du repas donné par un de
ces anciens types de ridicules parvenus, dont chaque épo-
que peut se glorifier. On avait servi, en commençant, des
œufs de paon figurés en pâte et des cuillers pour les man-
ger. Au centre de cette pâte gisait un becfigue, enveloppé
d'un jaune d'œuf poivré. Le fait des œufs de paon, parfaite-
ment imités, atteste l'habileté du slructor. Il est à présumer
que le pistor avait pétri la pâte, que le cocus s'était chargé des
becfigues et de leur entourage, et que le slructor avait modelé
ces œufs. Bientôt après, parut un autre service, qui montra
la science et le goût de l'artiste. On apporta un grand plat,
reposilorium, de forme semisphérique, à la surface duquel
étaient représentés les douze signes du zodiaque , et sur
chacun d'eux on voyait disposés des mets ayant quelque
analogie avec le signe lui-même. Au commandement du maî-
tre, la musique se fait entendre et bientôt quatre danseurs
enlèvent le globe qui recouvrait le ferculum inférieur. Aussi-
tôt apparaît, aux yeux charmés des convives, un cercle de
volailles et de tétines de truies, au milieu duquel se dressait
un lièvre orné d'ailes, comme Pégase. Quatre petites figu-
res du satyre Marsyas répandaient du g arum — sauce très-
puante et malsaine, dont je parlerai plus loin — et des pois-
sons semblaient nager dans ce lac d'un nouveau genre. Ce qui