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334 LA BÉNÉDICTION PAPALE A HOME.
cendres dispersées des antiques sacrifices, et le Panthéon
fut appelé Santa Maria ad martyres. Deux siècles plus tard,
Grégoire IV le consacra h tous les saints dont il venait d'ins-
tituer la fête (830). Pour justifier l'admiration que les géné-
rations vouèrent au Panthéon, disons qu'il appartenait au
type de ces temples que les anciens appelaient Tholi. Comme
chez les Grecs, on y pénétrait par un pérystile extérieur,
garni de colonnes cannelées qui servaient a supporter le
fronton dont le tympan était garni de figures de bronze, et
dont les angles et le sommet étaient surmontés de socles
appelés accrotères portant des vases ou des statues.
Au fond de la Cella, c'est-a-dire en face de la porte d'en-
^ trée s'élevait l'Edicule, lieu où l'on plaçait la statue du
dieu principal. Dans le soc du piédestal qui la soutenait,
l'architecte ménageait une retraite penetralia, où les prêtres
seuls avaient accès. La coupole était revêtue intérieurement
de caissons de bronze doré et extérieurement de marbre
blanc. Quatorze colonnes de jaune antique soutenaient cette
coupole, et le monument tout entier comptait cent trente-
deux pieds dans sa hauteur et dans son diamètre. La lumière
pénètre encore aujourd'hui, comme au temps d'Auguste, par
une large ouverture de forme ronde placée au centre de la
coupole. Les anciens, qui avaient au suprême degré le sen-
timent du beau, comprenaient tout le parti qu'on pouvait
retirer en éclairant ainsi un édifice religieux. La prière n'a-
t-elle pas eu toujours besoin du demi-jour si propre a ins-
pirer le recueillement? La source de toute lumière, de toute
consolation n'est-elle pas toujours venue du ciel, et
l'homme malheureux a-t-il jamais su faire autre chose au
milieu de ses maux que de tendre ses bras vers la mysté-
rieuse immensité des cieux ?
Aujourd'hui, le Panthéon est bien déchu de son ancienne
splendeur ; les portes de bronze, les magnifiques caissons