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362            NOTICE SUR CHARLES DE BOURBON.
de Louis, duc de Savoie. Charles Vil, qui avait déjà d'autres
griefs contre ce prince, en fut justement irrité. Déterminé à
tirer vengeance de ce dernier outrage, il se rendit, vers les
premiers jours d'août 1452, dans le Forez où il avait rassem-
blé une armée â la tête de laquelle il se proposait de traver-
ser le Dauphiné et de pénétrer en Savoie ; mais le duc vint
trouver Charles au château de Cleppé (1) ; le mariage du
Dauphin fut ratifié dans celte entrevue, et le roi donna sa
fille Yolande au fils aîné du duc. Ce dernier mariage fut cé-
lébré à Feurs où les deux cours s'étaient réunies (2). C'est
dans le château de la Côte-Saint-André qu'avait été béni, au
mois de février précédent, celui du Dauphin avec Charlotte
de Savoie.
    Pendant cette expédition, M. de Chabanne, grand maître
de l'hôtel du roi, fit sommer Aymar de Beaujeu (3), gardia-
teur du château de Pierre-Scise, de lui en remettre les clés.
Le courrier de l'archevêché tenta, mais en vain, de s'y op-
poser ; le château fut occupé par les officiers du roi. Cette
précaution n'était pas inutile, car le Dauphin avait des intel-
ligences avec plusieurs personnages notables de notre ville.
Ce fut à un jurisconsulte natif de Lyon qu'il confia le soin
de rédiger le Statut delphinal. Un autre Lyonnais, Guillaume
Becey, figure -parmi ses maîtres des requêtes ; un troisième,

   (1) Charles était à Cleppé et non Clépieu, près de Feurs, le 6 octobre :
il y donna des lettres de commission pour les vivres. Le Consulat ayant
appris qu'il ne viendrait pas à Lyon, arrêta, dans sa séance du 25, qu'Aj
nard de Villeneuve et le procureur de la ville se rendraient en députalion
auprès de S. M. pour demander que les charges qui pesaient sur la ville
fussent allégées. Les deux députés étaient de retour le 9 novembre , mais
il paraît que leur mission n'eut aucun succès.
   (2) Voyez le Comines de 1747, IV, I, 251, el l'Introduction de M. Le
Koux de Lincy aux Cent nouvelles nouvelles, p. liij.
   (3) Nicolas Bourbon l'Ancien « loué un Aymar de Beaujeu, Lyonnais
et ami de Jacques Caille, dans ses Nuf/te, I, vin, earm. 74,