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358             BASSIN HOUILLEU DE LA LOIRE.
ment: c'était la pensée dominante du gouvernement, lorsqu'en
présentant à la Chambre le projet, devenu loi, du 27 avril 1838,
il disait que l'interruption des exploitations inondées avait amené
une augmentation fâcheuse dans le prix d'une denrée de pre-
mière nécessité; que des plaintes nombreuses s'étaient élevées
à ce sujet et que l'administration avait dû rechercher les moyens
d'y mettre un terme. « Elle le devait d'autant plus, ajoutait le
ministre, que la houille à l'époque où nous vivons est devenue
l'un des éléments les plus actifs et les plus féconds de la puis-
sance et de la prospérité des nations. «
   La loi de 1838 eut donc pour but d'obliger les concession-
naires à reprendre et continuer les exploitations interrompues,
et de ramener la modération dans les prix de la houille. Si le
gouvernement a pu vaincre l'inertie des concessionnaires des
mines inondées, il ne saurait être désarmé pour réprimer une
coalition plus funeste que l'inondation de quelques puits. La
reprise des exploitations éleva l'extraction au niveau et même
au-dessus des besoins, ce qui, naturellement, fit abaisser les
prix à leur taux ordinaire. Le gouvernement aura-t-il moins de
sollicitude pour faire cesser la nouvelle hausse qui ne peut plus
être attribée à la rareté de la denrée, mais aux exigences de ceux
qui l'ont accaparée et qui la détiennent ?
   Les spéculateurs qui ont organisé la coalition ont pu, dans
l'origine, donner le change sur leurs projets, les colorer des pré-
textes de bien public et hausser les prix à leur gré ; mais au-
jourd'hui il est impossible de s'y méprendre. Leurs exactions
sont une violation flagrante de la loi, la ruine de l'industrie,
une cause d'inquiétude pour l'ordre public. Si puissantes qu'elles
soient, les Compagnies doivent respecter les lois et la liberté
commerciale, comme les simples particuliers. Il faudrait déplo-
rer l'imperfection des institutions humaines si, nonobstant les
plaintes de plusieurs millions de consommateurs, l'autorité pu-
blique refusait de réprimer une coalition illicite que feu M. Terme,
maire de Lyon, signalait, à la Chambre des Députés, comme le
plus monstrueux des monopoles.
                                        PËYRET LALLIER,
                             Ancien maire cl député de Saint-Kliennu.